Phobie de la barbe

Après la chute du président Morsi, les hommes barbus en Égypte ont été la cible d’attaques, puisque soupçonnés d’être islamistes. De nombreux hommes égyptiens se rasent désormais la barbe.

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Phobie de la barbe

Le 11 février 2011, à la suite de manifestations dans tout le pays contre son autorité, le président égyptien Hosni Moubarak démissionne et transmet le pouvoir à l'armée qui dissout le parlement et suspend la constitution. Après un vote public en mars pour valider une nouvelle constitution, les Égyptiens se lancent dans une procédure d'élections prolongée, de novembre 2011 à février 2012. Dans la chambre basse, la confrérie des Frères musulmans remporte près de la moitié des sièges, tandis que les salafistes ultraconservateurs en obtiennent un autre quart, le reste se partageant entre libéraux, indépendants et laïques. Mohamed Morsi, à la tête du Parti Liberté et Justice, l'aile politique des Frères musulmans, remporte ensuite les élections présidentielles avec 51,7 % des voix et prête serment le 30 juin.

En novembre 2012, des membres libéraux se retirent de l'assemblée chargée d'établir une nouvelle constitution, invoquant que les islamistes essayent d'imposer leur volonté. Le président Morsi s'attribue unilatéralement de plus grands pouvoirs et les islamistes font voter une nouvelle constitution à l'assemblée, à temps pour un référendum le 15 décembre. Ces actions déclenchent d'énormes manifestations publiques et des affrontements dans la rue entre libéraux et islamistes. L'escalade des protestations et de la violence se poursuit en 2013, des millions manifestant dans tout le pays pour exiger la démission de Morsi. Le 1er juillet, l'armée donne 48 heures aux parties opposées pour résoudre leurs différends. Quelques jours plus tard, elle limoge Morsi, suspend la constitution et impose un gouvernement de transition dirigé par Adli Mansour, qui dissout immédiatement l'assemblée législative menée par les islamistes. Le mouvement des Frères musulmans est mis hors la loi. Les protestations se poursuivent, des critiques accusant l'armée d'essayer de s’arroger le pouvoir de manière permanente.

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