Gardiens de la joie, l’histoire de Mahraganat

Le quartier difficile de Salam City au Caire est le vivier de la nouvelle musique branchée Mahraganat. DJ Sadat, l’un des parrains du style, a acquis une grande notoriété, mais reste fidèle à ses origines.

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Gardiens de la joie, l’histoire de Mahraganat

Salam City, quartier pauvre à la limite du Caire, est devenu le berceau d’une scène musicale florissante qui conquiert actuellement tout le pays. Mahraganat, qui signifie « festival » en arabe, apparut pour la première fois sur You Tube à la fin de 2009. Il s’imposa véritablement après la révolution de 2011. Les stations de radio et les chaînes de télévision n’accordèrent pas de temps d’antenne à cette nouvelle musique. Les musiciens fondèrent leur réputation au-delà de leur quartier en diffusant par Internet leurs enregistrements amateurs à domicile. Rapidement, le phénomène se répandit dans toute la ville.

Dans le Mahraganat, la langue populaire locale s’allie à des sons et rythmes très envoûtants. Le Mahraganat conserve les attitudes anti-sentimentales et ultra-locales du shaabi (ou « musique du peuple » traditionnelle). Mais il le galvanise en y intégrant des musiques importées telles que le hip-hop et la techno. Les musiciens chantent sur tous les sujets possibles des couplets exprimant la fierté et l’admiration pour leur quartier—ses femmes et ses hommes, ses murs, ses rues et même sa saleté. Les musiciens du Mahraganat affirment avoir été les premiers à chanter pour la révolution dès les premiers jours. Mais ils ne se sont pas limités aux couplets politiques et continuent de s’exprimer librement, que ce soit ou non sur la politique.

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