Aller-retour Casa Dakar

Saliou transporte des marchandises dans sa camionnette de Casablanca à Dakar et prend des passagers sur le chemin du retour. Malik, l’un de ses passagers, espère trouver une vie meilleure au Maroc ou au-delà.

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Aller-retour Casa Dakar

Saliou Sidi Bey est Sénégalais. Il vit au Maroc depuis deux ans. Il est propriétaire d’un véhicule dans lequel il fait chaque mois le voyage aller-retour de Casablanca à Dakar. La distance entre ces deux villes est de 3 000 kilomètres, le voyage prend six jours. Saliou et son co-chauffeur roulent vite, jour et nuit. Ils rencontrent en chemin divers obstacles : bancs de sable sur la route, réparation de pannes de moteur et contrôles de la police routière révélant immanquablement qu’ils doivent payer à cause d’une irrégularité dans leurs papiers. Dans le voyage du Maroc à Dakar, Saliou convoie des marchandises qu’il a achetées au Maroc et espère vendre avec bénéfice. Sur le chemin du retour, il transporte souvent des passagers dont la plupart entrent au Maroc illégalement.

Selon les estimations, 25 000 à 40 000 personnes vivent au Maroc sans permis de séjour officiel. Pour la plupart, ce sont des migrants originaires d’Afrique sub-saharienne. Le Maroc est de longue date un pays de transit pour ceux qui espèrent aller en Europe trouver une vie meilleure. Mais comme l’Union européenne renforce la sécurité aux frontières, par l’intermédiaire d’agence telles que Frontex chargée de coordonner les contrôles aux frontières entre les États membres— de nombreux migrants restent en fin de compte au Maroc devenu ainsi leur destination finale.

Comme de plus en plus de personnes vivent illégalement au Maroc, les autorités font tout pour les endiguer. Les migrants sont souvent d’une grande pauvreté et vivent dans des endroits surpeuplés, dans la peur constante d’être découverts et arrêtés. Plusieurs migrants ont signalé des abus commis tant par la police que par la population civile locale. Ils affirment aussi que s’ils sont surpris en train de tenter d’entrer en Espagne, ils sont remis aux autorités marocaines au lieu d’être traités par des fonctionnaires espagnols. Si ces revendications étaient fondées, elles constitueraient une violation du droit international. La situation s’est légèrement améliorée au début de 2014, quand le Maroc décida d’accorder un permis de séjour à des milliers de migrants déjà installés dans ce pays depuis plusieurs années.

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