Le massacre de Port-Saïd

Tandis que les affrontements entre policiers égyptiens et supporters de football ayant combattu pendant la révolution font toujours rage, n’oublions pas les jeunes violemment tués à l’issue d’un match de football à Port-Saïd en 2012.

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Le massacre de Port-Saïd

Une rancune tenace règne entre les forces de police égyptiennes et les membres des Ultras Ahlawy, un groupe de fans d’Al-Ahly, l’équipe de football du Caire. Les Ultras se sont effectivement battus en première ligne avec les forces de sécurité lors du soulèvement du 25 janvier 2011. Il semble que la police considère les Ultras comme partiellement responsables de leur humiliation lors des affrontements. Tout au long de 2012 et 2013, les Ultras continuent de se confronter aux autorités, s’imposant comme une puissante force politique à part entière, à la suite de ce que l’on a appelé ensuite le massacre de Port-Saïd.

Le 1er février 2012, plus de 70 personnes sont tuées et près de 1 000 autres sont blessées lors d’un match de football de première division à Port-Saïd entre Al-Ahly et l’équipe locale Al-Masry. Dans ce qui s’est révélé être une frénésie de vingt minutes, les supporters d’Al-Masry envahissent le stade et attaquent les fans d’Al-Ahly qui essaient de fuir. Les fans d’Al-Ahly tiennent les autorités responsables de l’incident et affirment que la police n’a quasiment rien fait pour l’éviter, pour se venger du rôle des Ultras lors de l’insurrection du 25 janvier.

La plupart des fans tués dans le stade avaient entre 13 et 20 ans. Alors que leurs parents continuent de les pleurer, plusieurs procès condamnent les auteurs du massacre début 2013. En janvier, vingt et un hommes, pour la plupart des supporters d’Al-Masry, sont condamnés à mort. En mars les condamnations à mort sont ratifiées et dix-huit autres sont envoyés en prison. Dans la mesure où la plupart des condamnés étaient des civils, les Ultras ont trouvé qu’ils n’avaient pas obtenu justice et que la police s’en était tirée à trop bon compte. La violence visant les forces de sécurité continue.

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