Seuls, ensemble

Saïda et Rachida sont des mères célibataires au Maroc. Malgré la réforme du Code de la famille marocain, les mamans célibataires et leurs enfants doivent se démener, car la tradition culturelle joue en leur défaveur.

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Seuls, ensemble

Les chiffres publiés par l’INSAF (Institution Nationale de Solidarité avec les Femmes en Détresse) révèlent que quelques 150 enfants naissent hors mariage chaque jour au Maroc. Tous les jours, plus de 20 bébés sont tout simplement abandonnés. Les femmes célibataires qui essaient d’élever leurs enfants sont en butte au rejet de leur famille et de la communauté. Les grossesses non désirées sont plus répandues dans les zones défavorisées et rurales.

La réforme de 2004 de la Moudawana, le Code de la famille marocain, aborde spécifiquement les droits des femmes, en jetant les bases d’un débat approfondi et d’une acceptation de questions telles que les mères célibataires et les enfants nés hors mariage. Pourtant, la tradition culturelle et les lois continuent d’exercer une ségrégation à l’égard des mères isolées et de leurs enfants. Les mères célibataires font l’objet d’une discrimination manifeste ; il n’est pas rare que des enfants se retrouvent exclus des écoles ou que l’on refuse de jouer avec eux. Auparavant, seul un père pouvait déclarer un enfant, ce qui fait que les enfants de mères célibataires étaient souvent sans papiers.

Depuis quelques années, plusieurs associations travaillent pour aider les mères célibataires et leurs enfants à s’intégrer dans la société. Elles s’attachent également à sensibiliser les familles et les communautés pour qu’elles puissent fournir un environnement plus favorable et contribuer à éviter l’ostracisme des mères et l’abandon des bébés. Mais de nombreuses femmes, surtout les plus jeunes venant d’un milieu plus modeste, ne sont pas touchées par ces efforts ou n’en sont pas conscientes.

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